Mobilier reconditionné et RSE : chiffrer l’impact du réemploi
L’achat de mobilier professionnel d’occasion constitue un levier concret pour prolonger la durée de vie des équipements et limiter le recours à la fabrication de mobilier neuf. Pour documenter cette démarche dans un reporting RSE, les entreprises peuvent s’appuyer sur leurs factures, les quantités achetées et les attestations de réemploi. Une évaluation des émissions de CO₂ évitées nécessite toutefois une méthodologie spécifique et des données environnementales adaptées.
Cette méthodologie s’appuie sur trois éléments : les quantités par famille, un facteur d’émission issu d’une base publique sourcée et datée, et un scénario de comparaison avec l’achat neuf.
Donnée | Où la trouver | À quoi elle sert |
Quantités et références par famille (bureaux, sièges, armoires, tables) | Devis et facture Buroways | Base du calcul |
Poids par famille | Fiche technique du fabricant ou pesée (donnée non systématiquement disponible auprès de Buroways) | Nécessaire si le facteur d’émission s’exprime par kilogramme |
Facteur d’émission du mobilier neuf équivalent | Base Empreinte de l’ADEME, à rechercher par l’entreprise | Scénario de comparaison : l’achat neuf, à justifier |
Émissions liées au réemploi (transport, remise en état) | À estimer par l’entreprise : ces données ne sont pas systématiquement disponibles | Scénario réel |
Durée d’usage retenue | Règle interne ou méthode de référence | Comparaison des deux scénarios à durée égale |
Preuve du réemploi | Attestation de réemploi fournie sur demande par Buroways | Justificatif pour l’auditeur ou l’acheteur public |
Pourquoi le mobilier compte-t-il dans un reporting RSE ?
Un achat de mobilier, neuf ou d’occasion, entre dans les émissions indirectes de l’organisation. Selon la méthode de réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre de l’ADEME, ces achats relèvent des émissions indirectes associées aux produits achetés, qui peuvent représenter une part importante du bilan carbone d’une entreprise en fonction de son activité.
Dans un calcul d’impact, l’achat de mobilier réemployé se compare à un scénario d’achat neuf. Ce scénario doit être justifié : l’économie d’émissions n’est pas automatiquement garantie. L’écart peut être chiffré à partir des quantités achetées, d’un facteur d’émission du mobilier neuf et des émissions propres au processus de réemploi. Le résultat se présente sous la forme d’émissions évitées, avec la méthode de calcul en annexe, afin qu’un auditeur puisse le vérifier.
Réemploi, reconditionnement, recyclage : quelle différence ?
Selon l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement, le réemploi désigne toute opération par laquelle des substances, des matières ou des produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. La réutilisation concerne, quant à elle, des produits devenus des déchets, puis préparés pour servir à nouveau.
Le recyclage détruit l’objet pour en récupérer la matière. Enfin, un mobilier simplement d’occasion n’est pas forcément un mobilier reconditionné : on ne parle de reconditionnement que lorsque le produit a réellement fait l’objet de réparations ou d’une remise en état.

Chez Buroways, tous les mobiliers sont contrôlés et nettoyés avant leur livraison. Selon leur état, certains produits peuvent également bénéficier de réparations ou d’opérations de remise en état. Le mobilier conserve les éventuelles traces d’usage propres à la seconde main, précisées dans sa présentation commerciale.
Quelles données réunir sur votre achat de mobilier ?
Rassemblez les données indiquées dans le premier tableau, en distinguant leur origine. Buroways peut communiquer les données de vente, les références, les quantités et l’attestation de réemploi. En revanche, les poids précis, les facteurs d’émission et les données de transport nécessaires au calcul carbone ne sont pas systématiquement disponibles : ils se recherchent auprès des fabricants et des bases publiques. Le poids devient nécessaire si le facteur d’émission retenu s’exprime en kilogrammes de mobilier.
Le facteur d’émission du mobilier neuf équivalent se relève dans la Base Empreinte de l’ADEME. Cette base publique rassemble des facteurs pour chaque famille de produits, avec leur unité et leur millésime. Sans ce facteur, le calcul ne peut pas être réalisé.
L’attestation de réemploi peut être fournie sur demande par Buroways. Demandez-la au moment du devis en précisant l’usage prévu : rapport RSE, bilan d’émissions ou réponse à un appel d’offres.
Comment calculer les émissions évitées par le réemploi ?
Le calcul compare deux scénarios à service égal : l’achat du même mobilier neuf et l’achat de mobilier réemployé, avec son transport et son éventuelle remise en état. L’écart correspond aux émissions évitées.
Choisir le scénario de référence
Le scénario de référence représente l’hypothèse retenue sans l’achat de mobilier réemployé, c’est-à-dire l’acquisition du même nombre de postes de travail en mobilier neuf. Cette hypothèse doit être justifiée dans la méthode. Ce scénario comprend les émissions liées à la fabrication, à l’emballage et au transport du mobilier neuf.
Trouver un facteur d’émission public
La Base Empreinte de l’ADEME fournit des facteurs d’émission par famille de produits. Relevez le nom du facteur, son unité et sa date, puis conservez le lien. Un facteur issu d’une base publique permet à un auditeur de reproduire le calcul.
Sans facteur public disponible pour une famille de produits, présentez uniquement la structure du calcul avec des variables : « X unités de mobilier réemployé évitent Y kg CO₂e selon le facteur Z. » N’inventez ni n’extrapolez jamais un facteur d’émission.
Poser le calcul et préciser ses limites
Le calcul se présente ainsi : (quantité × facteur du neuf) moins (quantité × facteur du réemploi) = émissions évitées. Le facteur du réemploi comprend le transport, la remise en état et le stockage lorsque ces données sont disponibles.
Précisez ensuite les limites du calcul : durée d’usage retenue, périmètre et hypothèses sur la fin de vie. Un chiffre d’émissions évitées ne se publie jamais sans sa méthode en annexe.
La réalisation d’un calcul d’émissions évitées nécessite de définir un périmètre, de choisir des facteurs d’émission adaptés et de documenter les hypothèses retenues. Buroways fournit les informations commerciales et les justificatifs de réemploi disponibles pour la commande. L’établissement d’un bilan carbone spécifique relève d’une démarche distincte.
Où faire figurer ces chiffres dans votre reporting ?
Le bilan d’émissions de gaz à effet de serre classe les achats de mobilier dans les émissions indirectes. Les émissions évitées se présentent séparément, dans une section consacrée aux actions de réduction, avec leur méthode de calcul.
Cette présentation suit les recommandations de l’ADEME pour les bilans d’émissions. Un rapport RSE, un rapport de durabilité ou une réponse à un appel d’offres peut reprendre ces données, à condition de toujours préciser la source du facteur et la méthode de calcul.
Quels justificatifs demander à votre fournisseur ?
Buroways peut fournir, sur demande, une attestation de réemploi pour les mobiliers achetés. Accompagnée du devis ou de la facture, elle permet de documenter les quantités et les catégories de mobilier d’occasion acquises. Elle peut être utilisée dans le cadre des démarches RSE ou des justificatifs d’achat des entreprises et des acheteurs publics, selon leurs exigences documentaires. La page engagement RSE et loi AGEC présente la démarche de Buroways.
Quelles formulations éviter dans un rapport RSE ?
Les formulations suivantes distinguent les affirmations utilisables de celles qu’il est préférable d’éviter.
Formulation | Statut | Pourquoi |
« Nous avons acheté N postes de travail issus du réemploi en [année] » | Utilisable | Fait vérifiable sur facture |
« Cet achat représente X kg de mobilier réemployé » | Utilisable si le poids est documenté | Donnée mesurée ou attestée |
« Émissions évitées : X t CO₂e, selon [méthode], facteur [source, date] » | Utilisable avec la méthode en annexe | Chiffre traçable que le lecteur peut recalculer |
Un ratio général du type « une tonne réemployée évite X tonnes de CO₂ » | À éviter sans source ni méthode | Invérifiable par un auditeur |
« Mobilier conforme à la loi AGEC » | À éviter | La loi fixe une obligation à l’acheteur public ; ce n’est pas une certification de produit |
« Certification environnementale officielle » | À éviter | L’attestation de réemploi remise sur demande n’est pas une certification |
« Achat neutre en carbone » | À éviter | Allégation strictement encadrée depuis la loi Climat et résilience de 2021 |
Une formulation résiste à l’examen d’un auditeur si elle décrit un fait mesurable, accompagné de sa source et de sa méthode. Une affirmation générale sans référence peut être contestée.
Et pour un acheteur public, que demande la loi AGEC ?
La loi AGEC impose aux acheteurs publics une part de biens issus du réemploi, de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées. Selon le décret n° 2024-134 du 21 février 2024 et l’arrêté du 29 février 2024, les objectifs fixés pour la catégorie « mobilier et aménagement d’intérieur », dont relève le mobilier de bureau, sont de 20 % de réemploi ou de réutilisation en 2024, portés à 25 % en 2030. La part de matières recyclées est fixée à 15 % en 2024, 20 % en 2027 et 25 % en 2030. La fiche outil de la Direction des achats de l’État (juin 2025) reprend ces taux.
L’obligation pèse sur l’acheteur, et non sur le produit. Un mobilier réemployé aide à atteindre ces taux. Les obligations de la loi AGEC pour les acheteurs publics sont détaillées dans notre article consacré à ce sujet.
Comment Buroways contribue à la seconde vie du mobilier professionnel
Buroways intervient dans le rachat, la récupération et la remise en circulation de mobilier professionnel d’occasion. En collectant des équipements provenant notamment de renouvellements de parcs de mobilier, de déménagements et de réaménagements d’entreprises, nous contribuons à prolonger leur durée d’utilisation.

Les mobiliers sont sélectionnés, stockés, contrôlés et nettoyés avant leur livraison. Certains équipements bénéficient également de réparations ou d’opérations de remise en état lorsque cela est nécessaire.
Cette activité permet de proposer aux entreprises des équipements professionnels de qualité tout en favorisant le réemploi et en limitant le recours systématique au neuf.
Par où commencer ?
Procédez de la manière suivante :
listez les achats de mobilier de l’année en cours par famille de produits : bureaux, sièges, armoires, tables et caissons ;
relevez le facteur d’émission correspondant dans la Base Empreinte de l’ADEME, avec son nom, son unité et sa date ;
demandez l’attestation de réemploi au moment du devis, en précisant l’usage prévu.
Pour faire chiffrer votre projet et obtenir les justificatifs adaptés à votre reporting, demandez un devis avec l’attestation de réemploi en indiquant les quantités par famille et les documents attendus.
Questions fréquentes
Le mobilier reconditionné compte-t-il dans un bilan carbone ?
Oui. Un achat de mobilier, neuf ou d’occasion, entre dans les émissions indirectes de l’organisation, parmi les produits achetés selon la méthode de l’ADEME. Pour estimer l’effet du réemploi, on compare l’achat d’occasion à un scénario d’achat neuf, qui doit être justifié. L’écart se chiffre à partir des quantités achetées et d’un facteur d’émission public.
Comment calculer le CO₂ évité par un achat de mobilier réemployé ?
Le calcul compare deux scénarios à service égal : l’achat du même mobilier neuf et l’achat de mobilier réemployé, avec son transport et son éventuelle remise en état. L’écart correspond aux émissions évitées. Le facteur d’émission du mobilier neuf provient de la Base Empreinte de l’ADEME et doit être accompagné de son nom, de son unité et de sa date.
Buroways fournit-il une attestation de réemploi ?
Oui. Buroways peut fournir sur demande une attestation de réemploi pour les mobiliers professionnels d’occasion achetés. Ce document permet de justifier l’acquisition de mobilier de seconde main et peut accompagner les démarches RSE des entreprises. Il ne constitue pas une certification environnementale officielle et ne comporte pas systématiquement de calcul des émissions de CO₂ évitées.
Peut-on écrire qu’un mobilier est « conforme à la loi AGEC » ?
Non. La loi AGEC impose aux acheteurs publics une part de biens issus du réemploi, de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées. L’obligation pèse sur l’acheteur, et non sur le produit. Un mobilier réemployé aide à atteindre les objectifs fixés pour la catégorie « mobilier et aménagement d’intérieur » : 20 % de réemploi ou de réutilisation en 2024 et 25 % en 2030, selon le décret n° 2024-134 du 21 février 2024.
Une PME est-elle obligée d’acheter du mobilier de réemploi ?
L’obligation de la loi AGEC vise la commande publique : services de l’État, collectivités territoriales et leurs groupements, selon le décret n° 2024-134 du 21 février 2024. Une entreprise privée choisit le réemploi pour d’autres raisons, notamment son budget, ses engagements RSE ainsi que les attentes de ses clients et de ses salariés. Elle a alors intérêt à documenter cet achat.
Quelle différence entre réemploi et recyclage pour du mobilier ?
Le réemploi conserve le meuble entier et lui redonne le même usage après contrôle, nettoyage ou réparation. Le recyclage détruit l’objet pour en récupérer la matière. Dans un reporting, les deux opérations ne se comptabilisent pas de la même manière : selon l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement, le réemploi évite de transformer le produit en déchet.




